Moqueca de crevettes

Posted on 19 septembre 2010

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Un week-end de septembre ensoleillé sous le signe du Brésil ! Euh non, ce n’est pas que je développe une soudaine addiction footballistique (pour moi,  un ballon est ovale). Mes seules références en la matière se sont arrêtées en 1998 avec l’équipe de Ronaldo, Emerson, Roberto Carlos et compagnie ; c’est dire.

Le Brésil, c’est plutôt aller danser le forró sur le son d’un fabuleux groupe, Bicho De Pé : une chanteuse avec une voix incroyable, des danseurs tous plus gentils les uns que les autres (je suis débutante), une dégustation des caïpirinha et le plaisir de filles de porter une robe ‘qui tourne’ quand on danse.

Il se trouve que dimanche après-midi, il était possible de se plonger au cœur d’une tradition brésilienne : Le Lavage de la Madeleine. Il s’agit d’une fête bahianaise : les participants vêtus de blanc se rendent sur les marches d’une église afin de les nettoyer avec de l’eau parfumée. Cette cérémonie est sensée chasser les mauvais esprits et purifier la ville. Le cortège emmené par un char au son de la batucada (sous-genre de la samba – la typologie de la musique brésilienne est franchement savante) est accompagné de danseurs, de capoeristes et d’atabaques (percussions du Nordeste).

Pour rester dans l’ambiance, je me suis donc concoctée un déjeuner bahianais : la moqueca (prononcer moukèka) de crevettes. A l’origine, il s’agit d’un mode de cuisson des poissons à l’étouffée dans des feuilles de bananiers, dans la tribu Tupi. Le plat au contact des différentes populations portugaises et surtout d’anciens esclaves d’origine africaine s’est élaboré pour devenir un plat mijoté.

Les ingrédients de base sont des crevettes marinées dans du citron, de la coriandre et de l’ail puis cuites avec des tomates, des oignons blancs (type cébettes), de l’huile de palme et du lait de coco.

Pour trouver de l’huile de palme, je suis allée dans une épicerie brésilienne de mon quartier (Coisas Do Brasil, rue D. Stern dans le 15ième). En l’absence d’huile de palme, la vendeuse m’a déconseillé d’utiliser de l’huile de l’olive mais plutôt de se rabattre sur de l’huile de colza.

Pour finir ce week-end lusophone, une découverte culinaire avec un de mes frérots : ‘La Pastelaria Belem‘ (rue Boursault dans le 17ième).  Un salon de thé portugais décoré d’azulejos où l’on peut déguster des Pastéis de Nata (spécialité portugaise, un flan dans une pâte feuilletée) ou une Pata de Veado (génoise avec de la crème), sur les quelques tables, au comptoir ou au Square des Batignolles tout près. (Venir plutôt le matin pour avoir du choix dans les pâtisseries.)

Moqueca aux crevettes (pour 6 crevettes)

Ingrédients :

6 crevettes roses

1 citron non traité

½ tête d’ail

1 tomate

1 oignon blanc

2 branches de coriandre

10mL huile de palme (ou de l’huile de colza).

15mL lait de coco

Sel, poivre.

Décortiquer les crevettes. Faire une marinade avec le jus d’un demi citron, la demie-gousse d’ail écrasée,  la coriandre et l’assaisonnement. Laisser les crevettes mariner pendant au moins une heure au frais.

Préparer dans un poêle à bords hauts l’accompagnement des crevettes : tomate pelée et épépinée et oignon blanc émincés finement à faire revenir dans de l’huile de palme. Faire suer la préparation sur feu doux.

Une fois que la préparation est cuite, ajouter les crevettes, la marinade, le jus d’un demi-citron et faire revenir quelques minutes. A la fin de la cuisson, ajouter le lait de coco qui adoucit le goût de l’huile de palme et quelques feuilles de coriandre. Attention à ne pas faire cuire les crevettes trop longtemps ; elles pourraient devenir caoutchouteuses.

Servir chaud. La présentation traditionnelle de ce plat se fait sur une feuille de palmier (étonnamment, je n’ai pas ça dans ma cuisine de 3m² ; je l’ai donc présenté dans une mini-cocotte).

Les Bahianais accompagnent la moqueca de pirão mou (purée à base de farine de manioc). Pour ma part ce sera un riz blanc.

Posted in: Salé